o2 Juillet 2oo9
___Assise sur un tabouret devant mon miroir, je souriais fièrement. Derrière moi, Julia, ma grande soeur, était en train de démêler mes longs cheveux et répondait aux sourires que je lui envoyais via la glace fixée au mur. Ensuite, elle glissa sa main blanche dans ma chevelure cuivrée et la caressa doucement avant de soupirer.
Julia : Quand tes cheveux seront aussi soyeux que la soie elle-même, tu iras voir Estelle. Elle va t'aider à te préparer. Je veux que tu sois la plus belle ce soir.
Moi (malicieusement) : Parce que je ne suis pas belle, d'habitude ?
Julia (rit un peu) : Si, bien sûr que si ! Mais ce soir, c'est ta soirée ! Tu te dois d'être étincellante !
Moi (soudain lasse) : Ouais ... Si tu le dis ...
Julia (s'inquiète) : Qu'est-ce qu'il te chagrine ma petite puce ?
Moi (commence à verser des larmes) : Je ... Je v..voudrais t..tellement que P..papa soit p..présent ce s..soir ...
Julia (soupire) : Moi aussi Ella ... Moi aussi ...
___Ma soeur cessa de caresser mes cheveux et elle enserra mes épaules de ses bras, me serrant contre elle aussi fort que possible, comme si j'allais m'envoler d'un instant à l'autre. Mes larmes coulaient sans retenue sur me sjoues à présent et je sentais Julia trembler au-dessus de moi. J'aurais donné n'importe quoi pour retrouver mon père, ou au moins l'apercevoir ... Mais comment le reconnaitrais-je, moi qui ne l'ai jamais vraiment connu ? Je me redressai, puis pris une grande inspiration.
Moi : Non.
Julia : Quoi "non" ?
Moi : On ne sera pas faibles ! Tant qu'on sera toutes les deux, tout ira bien, hein Julia ?
Julia : Oui, ma petite puce ... Oh, si tu savais comme je t'aime !
Moi : Bon, Julia, je crois que nous avons une réception à terminer, nous ...
Julia (sourit) : Oui, prête à illuminer tout le monde ?
Moi : Oui.
___Elle termina de démêler mes cheveux, puis Estelle entra dans la pièce et remplaça bien vite ma soeur pour qu'elle puisse se faire belle elle aussi. Estelle, c'est en quelques sortes "
ma" bonne ... Elle est adorable, serviable et surtout, elle est toujours aux petits soins pour moi. En fait, à part ma soeur, je crois qu'elle est la seule personne qui me comprenne vraiment ... Elle m'aida à choisir ma robe de soirée et parmi l'immense choix que j'avais, j'optais pour
celle-ci, accompagnée de mes fidèles
talons hauts. Puis, Estelle ajusta mon maquillage à ma tenue et finit par me coiffer. Mes cheveux étaient lisses comme jamais et mes yeux étaient magnifiquement maquillés de noir et d'argenté.
Estelle : Oh, mademoiselle Ella, comme vous êtes sublime !
Moi (souris) : Merci Estelle, tu es vraiment adorable.
___Pour toute réponse, elle se pencha et osa déposer un baiser sur ma joue. Quand elle se rendit compte de son geste, elle se redressa vivement et vira au rouge écarlate. Je souris, puis la regardai.
Estelle : Oh, je vous prie de m'excuser, mademoiselle ... Je ne sais pas ce qu'il m'a prit ...
Moi : Allons, allons Estelle, ce n'est pas grave !
Estelle (soupire de soulagement) : Merci mademoiselle ... Bon, eh bien je crois que vous êtes prête ... (elle me dévisage de haut en bas) Ah, non, il vous manque quelque chose ...
Moi (surprise) : Quoi donc, Estelle ?
___Elle glissa la main dans son tablier et en sortit un petit coffret de velours rouge. Elle me le tendit, un sourire ému au visage. J'ouvris. A l'intérieur, il y avait un sublime
collier en argent. Je ne comprenais pas.
Moi : Pour ... Moi ?
Estelle : Oui ... Je voulais vous raconter une petite histoire, à propos de ce collier ... Il devait appartenir à ma fille, Nina. Selon la tradition de la famille, ce collier devait être remis à la plus jeune fille, le jour de ses 17 ans. C'était un cadeau de mon arrière-grand-père à mon arrière-grand-mère, pour leur mariage, depuis lors, il est transmis de génération en génération. Malheuresement, le jour où Nina devait à son tour porter ce collier, on a appris qu'elle ... qu'elle s'était suicidée ... Je n'ai jamais été aussi triste, aussi vide de toute ma vie ... Alors, j'ai gardé le collier, jusqu'à ce que je trouve sa digne héritière. Et à présent, Ella, ce collier vous appartient.
Moi (abasourdie) : Mais ... Pourquoi moi ? Et pas Julia ?
Estelle : Julia est trop vieille pour hériter de ce bijou. Et puis, vous avez toujours été ma préférée, malgré votre sale caractère !
(elle sourit tendrement) Sachez que je vous considère plus comme ma fille que comme ma patronne ...
___J'étais plus que abasourdie. Toutes ces révélations d'un coup m'ont ôté le goût de la fête qui se préparait à rez-de-chaussée. Incapable de prononcer un quelconque mot, je restais assise sur ma chaise, le collier dans mes mains et la bouche bée. Si je m'étais doutée un seul instant que Estelle, celle que je considérais comme une deuxième maman avait eu une fille, autrefois ... Doucement, Estelle s'avança vers moi, prit le collier et l'attacha autour de mon cou. Ensuite, elle se placa devant moi et me considéra longuement avant verser des larmes, silencieusement. Je me levai et la prit dans mes bras ...
Estelle : Comme vous êtes belle, mademoiselle Ella ! Vous ... Vous êtes le portrait craché de ma fille avant que ... qu'elle ne se ...
___Le mot resta coincé dans sa gorge. Elle pleurait à chaudes larmes à présent. La voir ainsi me fendait le coeur ...
Moi : Estelle, il y a une autre question que je voudrais te poser.
Estelle : Je vous écoute, mademoiselle.
Moi : Pourquoi as-tu dit que j'étais ta préférée, malgré mon sale caractère ? Je ne comprends pas ...
Estelle : Vous savez, Ella, j'ai été fille avant vous, et pas commode, hein ! Quand tu étais plus jeune, je te trouvais tellement plus vive que ta soeur. Ah ta soeur ... Elle n'avait pas 8 ans, qu'elle savait déjà comment réaliser une manucure !
Moi : Oh, je vois ...
(me lève) Bon ! Je crois que l'heure est arrivée, la fête ne devrait plus tarder à commencer. Joins-toi à nous, Estelle !
Estelle : Oh non, je ne préfère pas ! Si votre mère me voyait ?
Moi : Et alors ? Tu es mon invitée, alors amuse-toi !
Estelle (me prends dans ses bras) : Oh, mademoiselle Ella ! Comment vous remercier ? Vous êtes trop bonne avec moi !
Moi (souris) : Non, Estelle. Merci à vous !
A suivre ...